Sauf miracle, bien sûr

Thierry Bizot, 2013, Paris, Seuil, 400 p.

L’auteur revient sur les effets de la publication de « Catholique anonyme » dans sa vie quotidienne.

Longtemps je n’ai pas été particulièrement croyant, et tout allait bien. Il y a cinq ans, j’ai accepté une invitation à une catéchèse de quartier. J’y suis allé avec des pieds de plomb. L’endroit était sinistre et déprimant. C’est là que l’inimaginable s’est produit : je me suis mis à aimer Jésus. Cette rencontre, je l’ai racontée dans Catholique anonyme. Depuis, tout le monde me demande si cette drôle d’histoire d’amour perdure ou si je suis redevenu « normal ».

Et voilà l’incroyable : non seulement cette liaison se poursuit, mais il m’arrive des choses étonnantes. On m’a invité à témoigner, à travers la France, dans des réunions privées ou dans des salles de cinq cents personnes. J’y ai croisé des illuminés, des cathos rigides, des chrétiens enthousiastes, des gens sincères et émouvants. Ma femme, plutôt méfiante au sujet de la religion, a décidé de réaliser un film de cinéma inspiré de mon livre. Nous avons mis deux ans à produire Qui a envie d’être aimé ? sorti en salles en 2011. J’ai entretenu une vraie amitié épistolaire avec une dame de... cent ans. J’ai fait des rencontres surprenantes avec des SDF et j’ai des échanges nourris par internet avec une moniale, cloîtrée dans son monastère... Ma vie n’a pas changé, mais elle n’est plus tout à fait la même, car mon nouveau boss, c’est Jésus !

Thierry Bizot