Réinventer le travail

Semaines sociales de France, Bayard, avril 2014, 266 p, 23€

Avec 10 % de chômeurs et 15 % de personnes exclues durablement du marché du travail, la situation de l’emploi est sombre. Mais derrière ces chiffres une autre réalité, longtemps inaperçue, se fait jour : le travail ne se dégrade pas seulement en quantité mais aussi en qualité. La fragmentation de l’emploi, le stress au travail, la précarisation des contrats rendent la relation au travail difficile et complexe. Mais on aurait tort d’aller chercher ailleurs - dans la mondialisation par exemple - les « coupables » de cet état de fait. En réalité nous sommes tous plus ou moins complices d’un ordre établi dont on connaît les lacunes mais dont on redoute de sortir.

D’où la nécessité de changer d’optique et de faciliter - partout - la valorisation de la personne au travail. Il ne s’agit pas d’un rêve mais d’une réalité fondée sur les sciences humaines comme sur la pensée sociale chrétienne, prise en compte par de plus en plus d’entreprises, qui commence avec la formation initiale et continue, et se prolonge dans les nouvelles règles du jeu que proposent notamment l’économie sociale et solidaire et l’insertion par l’activité. C’est à déchiffrer ce nouveau paradigme que se sont attachés les participants - conférenciers, animateurs d’ateliers, simples « semainiers » - de cette session qui s’est exceptionnellement tenue simultanément dans trois lieux, Lyon, Paris, Strasbourg, reliés en continu par visioconférence.