La valse des âmes

Guillaume Sébastien, Béatitudes, sept.2013, 197 p.

"Je cherchai en moi des forces vives qui refusaient de céder. Des forces décidées à tuer l’ignoble qui gagnait furieusement du terrain. Il fallait réagir vite. C’était une question de survie. Je pris violemment Apolline par le bras, l’emmenai hors de la chambre, lui mis la main sur la bouche alors qu’elle tentait de crier. Dehors, il faisait doux. Mais qu’en savais-je ? Je n’avais qu’une idée en tête, une idée folle et inconsciente. Apolline n’essayait plus de se débattre. D’un même élan, nous sortîmes dans la cour, traversâmes la route, nous engageâmes dans le bois. La lune nous donnait juste ce qu’il fallait de sa lumière. Je cherchai l’endroit comme un animal nocturne, laissant derrière moi des bruits effrayants. J’ouvris bientôt le cabanon. Le grincement de la clef dans la serrure marqua cette nuit d’un sceau solennel. Dans ce minuscule abri, j’étais bien décidé à sauver notre amour."