Dieu n’y peut rien. Tempête en Chartreuse

Bertrand Révillion, éd. du Cerf 2014, 181 p, 14 €

Un jour glacé de janvier, le journaliste Paul Sardaigne fuit Paris et la rédaction de l’hebdomadaire catholique dont il vient de se faire brutalement virer. L’édito qu’il a consacré au scandale que constitue à ses yeux le refus réitéré du Vatican d’offrir pardon et communion aux divorcés remariés a été la goutte d’eau de trop.
Brisé et désemparé, Paul se réfugie dans la vieille maison familiale au cœur du massif de la Chartreuse, à proximité du célèbre monastère. Dans la montagne immaculée, il retrouve son ami Jean, prêtre bourru et marginal, qui vit en ermite.
Au fil des conversations, on apprend les circonstances du licenciement, sur fond de débats houleux quant au manque d’ouverture de l’Église au monde. On découvre surtout la cause profonde du mal-être de Sardaigne, la maladie de sa femme, Mathilde, le cancer qui l’atteint et qui, du même appétit, bouffe le peu de foi qui reste à Paul.
"Comment croire en un Dieu qui ne sauve pas tous ceux qui hurlent à son secours. Jolie question théologique. Tragique et écœurante énigme !"
Surpris et coincé par une tempête de neige, au lieu même des premiers ermitages fondés dix siècles plus tôt par saint Bruno, dans la petite chapelle des cabanes - Notre-Dame de Casalibus - Paul a rendez-vous avec lui-même.